| Polémique autour de la situation alimentaire au Niger : le gouvernement panique |
|
|
|
| Politique |
| Mercredi 03 Février 2010 21:50 |
|
Depuis quelques jours, le Niger vit au rythme d’une polémique sur la situation alimentaire. Selon des chiffres d’une enquête menée par les services statistiques et publiés par certains journaux de la place, ce sont plus de 7.800.000 Nigériens qui sont exposés au risque d’une insécurité alimentaire. Mais selon toute vraisemblance,
la publication de ces données n’a pas plu au gouvernement qui, à travers les mêmes services statistiques, tente de minimiser le problème. Là où les journaux qui se sont procuré les résultats de l’enquête parlent de plus de 7 millions, les services statistiques qui ont mené cette enquête parlent plutôt d’un peu plus de 2 millions de Nigériens qui seraient en proie à une insécurité alimentaire. Lors d’un point de presse qu’ils ont animé le mercredi 27 janvier dernier, le Secrétaire général de l’Institut National de la Statistique (INS) et le Coordonnateur du Système d’Alerte Précoce (SAP) ont déclaré que selon les résultats de l’enquête menée, ce sont 2.700.000 Nigériens qui sont dans une situation de vulnérabilité. M. Ghalio Ekadé et M. Harouna Hamani ont tout de même reconnu que la production de la campagne agricole 2009 est inférieure à celle de 2008. Et comme si la sortie de ceux techniciens ne l’a pas suffi, le Gouvernement a poursuivi la campagne d’explication avec la rencontre, le vendredi 29 janvier, entre le Premier Ministre Ali Badjo Gamatié et les Partenaires techniques et financiers. Après leur avoir dit et répété que c’est le sens de responsabilité qui a amené le Gouvernement à commander l’enquête, le Premier Ministre Ali Badjo Gamatié a martelé que les chiffres de l’enquête sont tels qu’ils ont été annoncés par les responsables de l’INS et du SAP. Pour les tenants du pouvoir, les données publiées par les médias ne sont rien d’autre qu’un montage visant à vilipender le Niger. On n’est donc pas loin du scénario du 2005 où on a assisté à une polémique stérile entre le pouvoir et les organisations de défense des droits de l’homme et même des ONG nationales et internationales au sujet du qualificatif à donner à la situation alimentaire de l’époque. Pendant que les organisations de défense des droits de l’homme et les ONG internationales parlaient de « famine », le pouvoir, lui, est resté ferme sur le qualificatif de « crise alimentaire ». Pour les tenants du pouvoir de l’époque, dont certains sont encore en place aujourd’hui, on en peut parler de famine que quand des populations entières vident leurs villages ou leurs zones ou quand des personnes meurent de faim. La suite on la connaît : pendant que des longs mois on a assisté à une véritable sémantique entre les tenants du pouvoir et des organisations humanitaires.
A tort ou à raison, le pouvoir a reproché à certaines ONG caritatives de peindre la situation du Niger en noir afin de mobiliser davantage des ressources dont elles détournent une large partie au détriment des populations pour lesquelles elles disaient agir. Certains ONG qui se sont montrées récalcitrantes ont même été invitées à plier leurs bagages pour quitter le Niger. Aujourd’hui encore, l’histoire semble se répéter car, tout comme celui en place en 2005, le Gouvernement actuel ne veut pas aussi qu’on parle de crise alimentaire. Le contexte politique actuel du Niger est sans doute pour quelque chose dans cette panique qui semble s’emparer du Gouvernement depuis le début de la polémique sur la crise alimentaire. Sommé par une bonne partie de la Communauté internationale et l’opposition à revenir à la légalité constitutionnelle, suite au référendum contesté du 4 août dernier, le régime du Président Tandja n’a vraisemblablement pas besoin d’un débat sur un sujet aussi sensible que la crise alimentaire. C’est pour sans doute couper court aux « pêcheurs en eaux troubles » qu’il vient d’injecter les 4 milliards de francs CFA pour l’achat du mil. Quoi qu’il en soit, il y a aujourd’hui des vérités que personne ne peut cacher au Niger. C’est le cas notamment de la cherté des prix des produits de grande consommation et l’exode massif des ruraux vers les centres urbains. Autant des signes qui annoncent des situations alimentaires difficiles ! Moussa Douka Commentaires (2)...
voila tanja a plonge le niger ds une situation dont souhaiterait bien avant .maintenant le nom du niger est sur le web partout apropos de la famine qui s'annonce. c'est difamatoire pour tanja et abracadabrant.
...
On a nous a promis le Koweit (dixit Ben Omar) et on a... la famine à l'horizon( dès le premier mois de la prolongation forcée du mandat). Ne polémiquons pas sur les chiffres, meme si un seul nigerien est menacé de famine, les gouvernants aurient faiili. Mais là on parle de 2 millions de nigeriens en insecurité alimentaire sévère. Le mensonge ne peut courrir loin...
Ecrivez un commentaire |



















