La folie des véhicules tout terrain Spécial
- Publié dans Société
- Taille de police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police
- Imprimer
- Add new comment
A Niamey, capitale du Niger, un des pays les plus pauvres du monde, une voiture sur dix récemment immatriculée est une 4X4. Une 4X4 sur deux est conduite par une femme. Quand on sait que le prix d’une 4X4 en bon état varie, en moyenne, entre 4 millions 500 000 frs et 12 millions frs (TTC), on est en droit de se demander, comment certains Nigériens font pour se procurer ces jouets de luxe.
Etat des lieux…
La trentaine bien entretenue, Maimouna S. n’a pas de boulot facilement identifiable. Comme elle aime à le dire, « au Niger d’aujourd’hui il faut se débrouiller seulement… » Avant d’ajouter dans un sourire coquin, « je suis dans les affaires ! »
Une anecdote de ce genre n’aurait suscité aucune curiosité, si Maimouna ne roulait pas dans une 4X4 Toyota V6 qui vaut actuellement sur le marché local des voitures d’occasion quelque… 12 millions de francs CFA! Soit près de 20 000 euros ! Dans un pays où le smig n’atteint même pas 30 000 francs CFA pendant que le salaire d’un cadre supérieur en fin de carrière ne dépasse pas les 300 000 francs ! Les mauvaises longues qu’il n’y a rien d’étonnant à cela depuis que le Niger est une véritable cour des miracles !
Toyota land cruiser V8, High Lander, RAV4, Mitsubishi, Hyundai, Humer,…elles sont japonaises, coréenne, allemande ou même anglaise. On se perd en devinette lorsqu’il s’agit d’identifier de manière précise, ces grosses cylindrées qui défilent à longueur de journées dans les rues de Niamey. Elles sont si nombreuses que l’étranger non averti qui débarque pour la première fois à Niamey ne doit pas manquer d’être surpris devant cette noria de véhicules tout terrain, aux marques les unes aussi prestigieuses que les autres, qui donnent par moment l’impression que l’on se trouve dans quelque principauté arabes! Comble de stupeur, une fois sur deux, ces grosses cylindrées sont conduites par des femmes. Souvent très jeunes, et n’ayant manifestement pas encore eu affaire au monde du travail.
Le coup de génie des Japonais Il n’y a pas si longtemps, très peu de gens au Niger s’intéressait aux véhicules tout terrain considérées surtout comme des véhicules utilitaires. Il faut dire que les mastodontes étaient plutôt peu ragoutants. Ainsi, les fameux lands rover anglaises d’antan, qui en plus d’avoir une esthétique plutôt rébarbative, avait la conduite plutôt …musclée car on ignorait à cette époque la direction assistée. De plus ces balourds étaient loin d’être des bolides. Toutes ces raisons faisait que les 4X4 des années 60 à 80 n’intéressait pas grand monde.
Pendant les premières années d’indépendance jusqu’ à la fin des années 70, le land rover était quasiment devenu la 4X4 modèle de l’administration publique, des ONGs et autres Organisations Internationales qui l’utilisent pour leurs missions sur le terrain.
Puis quand les voitures japonaises, notamment les « berlines » et les « familiales » commencèrent à envahir le marché nigérien, notamment dans le domaine des taxis de ville, les modèles 4X4 ont commencé à suivre. Même si les marques japonaises commençaient à évincer les marques européennes notamment française qui jusqu’à lors détenaient une sorte de monopole, ce ne fut pas tout de suite le gros succès. Car les premières générations n’avaient apparemment pas le design qui pouvait retenir l’attention d’une certaine clientèle. Notamment de la gente féminine.
Le coup génie a été de révolutionner la coupe des 4X4 qui, du véhicule macho qu’il était, s’est féminisée au point de ressembler à une voiture de ville. Ce fut, tout de suite le succès. Les femmes se précipitèrent sur ces modèles qui, non seulement se conduisaient facilement, grâce de la boîte automatique, mais qui avait l’avantage de ressembler à s’y méprendre à une voiture de ville. En masse, les Nigériennes l’adoptèrent …
Un phénomène de mode
« Voyez vous, la plupart de ces véhicules munis de démultiplicateur de vitesse, ne font jamais la campagne, encore moins le désert ! »
L’homme qui vient de s’exprimer est un garagiste, spécialiste des 4X4. Pour lui, les voitures tout terrain comme leur nom l’indique sont surtout utiles pour affronter les pistes ou terrains difficiles. C’est ce qui justifie que l’on y investisse autant d’argent. Mais dans les faits, l’utilisation de ces véhicules est la plupart de temps réservée à la circulation urbaine. Vraisemblablement, les propriétaires sont d’abord intéressés par l’aspect véhicule de luxe qui impressionne… En mot, on roule en 4x4 pour d’abord frimer et épater la galerie Ce qui fait que, posséder un 4x4 est devenu un signe extérieur de richesse. Voilà du pain sur la planche des services qui sont chargés de traquer l’enrichissement illicite…
L’envers du décor
Si les Nigériens se sont pris de passion pour les véhicules tout terrain, ils ne sont pas très nombreux en réalité à pouvoir faire face aux frais d’entretien de ces objets de luxe. Il y’a d’abord le niveau relativement élevée de la consommation d’essence. Plus la cylindrée est grande, plus les frais de carburant grêvent votre budget.
Il faut également subvenir Puis aux frais inhérents à l’entretien général. Comme la vidange, le graissage etc…Du coup, beaucoup de propriétaires sont réduits à faire le tour des bureaux des patrons de l’administration ou les officines des hommes d’affaires pour quémander les bpns de carburant afin d’avoir le privilège de rouler en 4x4.
Ibra Séko
17 septembre 2012
Publié le 13 septembre 2012
Source : Haské
Dernier de Nigerdiaspora
- Le Nigeria joue l'apaisement avec les "terroristes" tout en poursuivant l'offensive
- Le Nigeria demande le soutien du Niger
- Niger : aide d'urgence pour 2 400 personnes fuyant la violence au Nigéria
- Côte d'Ivoire : Aïchatou Mindaoudou, une femme d'influence à la tête de l'Onuci
- Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon nomme Mme Aïchatou Mindaoudou Souleymane, du Niger, Représentante spéciale en Côte d’Ivoire


















































