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Préparatifs de la campagne agricole : des dispositions pour un bon démarrage de la saison 6 500 tonnes de semences de mil, sorgho et niébé à distribuer au niveau de 4421 villages PDF Imprimer Envoyer
Agriculture
Vendredi 14 Mai 2010 09:17
Le Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage est à l'heure des préparatifs de la campagne agricole 2010-2011, dans un contexte dominé par une crise alimentaire aiguë née des mauvaises récoltes enregistrées à l'issue de la précédente campagne. Malgré tout, pour permettre aux populations rurales d’aborder cette campagne agricole dans des conditions adéquates et assurer son bon déroulement, le Ministère du Développement Agricole, conformément aux instructions des plus hautes Autorités de la Transition, a pris toutes les dispositions nécessaires pour garantir un approvisionnement adéquat du monde rural en semences et autres intrants agricoles, tels que les engrais et les produits phytosanitaires, selon le directeur général de l’Agriculture par intérim, M. Coulibaly Baba Moussa a précisé que ces dispositions concernent notamment la mise en œuvre d'un programme d'urgence d'appui en semences qui a prévu l'acquisition de 6 500 tonnes de semences de mil, sorgho et niébé à distribuer au niveau de 4421 villages déficitaires à plus de 50% ; la mise à la disposition des producteurs, à travers la vente à prix modéré et la mise en location de 219 tracteurs de grande puissance (75 à 80 cv) dont 184 acquis sur le budget national, 65 tracteurs de puissance moyenne (30 à 35 cv), 11 tracteurs de petite puissance (12 cv) et 3100 unités de culture à traction animale; le placement, au niveau de 195 boutiques d'intrants coopératives, de 38 tonnes de semences labellisées et de 650 tonnes d'engrais dans le cadre de la promotion de l'utilisation des intrants à travers les champs écoles paysans. Toutes les actions entreprises par l'Etat en direction du monde rural sont mises en œuvre sur la base d'un programme de mobilisation de ressources propres et de l'apport des partenaires qui viennent en soutien à ce programme, a indiqué M. Coulibaly Baba Moussa. Et malgré les ressources limitées, les efforts de l'Etat sont à la mesure de l'engagement des Autorités à accompagner les populations rurales dans leur combat quotidien contre la pauvreté et l'insécurité alimentaire. Concernant les conditions d’accès à ces matériels et intrants agricoles, le directeur général de l’Agriculture p.i. a indiqué que, d'une manière générale, l'Etat met ces produits à la disposition des agriculteurs à travers un programme de vente à prix modéré pour tenir compte de la faible capacité financière de ces derniers. Pour ce qui est particulièrement des semences, elles sont distribuées gratuitement aux producteurs qui doivent récupérer les quantités reçues en nature, pour constituer des stocks villageois. Pour ce qui est de l'exode des bras valides, l'Etat a engagé un programme de soutien comportant plusieurs volets, et qui vise dans un premier temps, à fixer les populations à travers les activités de Cash For Work et l'approvisionnement des banques céréalières ; et d'autre part, l’Etat appuiera la production avec la distribution gratuite ciblée qui sera couplée avec la distribution des semences et le blanket feeding, a dit M. Coulibaly Baba Moussa. Il a évoqué la récurrence des crises alimentaires auxquelles le Niger est confronté, et  dont , devait-il préciser, les déterminants sont multiples et résultent de la conjugaison de plusieurs facteurs qui influent sur la disponibilité des produits, leur accessibilité et la durabilité des mécanismes d'approvisionnement; et ce d'autant plus que, même en année normale, pour répondre aux besoins alimentaires de la population, il s'avère nécessaire d'importer de grandes quantités de certaines céréales (riz, maïs,..). Notre déficit céréalier annuel, qui varie de 200 000 à 400 000 tonnes, est lié à la combinaison de deux facteurs principaux, à savoir la stagnation de la production agricole et la forte croissance démographique, a-t-il souligné. Or, a-t-il poursuivi, la consommation alimentaire est très largement dominée (environ 80%) par les céréales dont la production est essentiellement faite sous régime pluvial, avec une faible utilisation des semences améliorées, des engrais, des pesticides et des matériels de travail du sol. En règle générale, a-t-il dit, au Niger, ce sont des systèmes de production de subsistance qui prédominent : le producteur vise à assurer d'abord son autoconsommation. Compte tenu des risques importants et de ses capacités financières limitées, il investit peu (notamment en facteurs et moyens de production externes nécessitant une dépense monétaire qu'il sera peut-être difficile de récupérer), diversifie au maximum et calque son calendrier cultural sur les événements climatiques. Cette stratégie traditionnelle montre cependant très rapidement ses limites en cas de forte crise (phénomènes climatiques, invasions acridiennes). La faible production conduit à la pauvreté et à un système de culture extensif peu productif, ce qui crée un cercle vicieux difficile à rompre sans intervention majeure. C’est cette intervention qui est tentée par l'Etat à travers un vaste programme de développement de l'irrigation qui vise, d'une part, la mise en valeur du potentiel irrigable estimé à 270 000 hectares, et d'autre part, l'intensification des productions pluviales, tout en mettant l'accent sur la maîtrise des facteurs de production (eau, terre, travail) et des moyens de production (intrants et matériels agricoles).  

Tchirgni Maïmouna

14 mai 2009
Publié le 14 mai 2009
source : Sahel Dimanche

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